Get Slimms commercialise des gélules minceur en exploitant l’image de l’émission M6 « Qui veut être mon associé », via des publicités sur les réseaux sociaux. Les témoignages de consommateurs facturés au-delà du montant initial, abonnés à leur insu ou dans l’impossibilité d’obtenir un remboursement se multiplient. Nous détaillons ici les leviers juridiques réellement mobilisables pour contester ces pratiques.
Contestation bancaire des prélèvements Get Slimms : le levier le plus rapide
Avant toute démarche judiciaire, le recours bancaire reste la voie la plus efficace en termes de délai. Le Code monétaire et financier (article L133-18) impose à la banque un remboursement au plus tard le jour ouvrable suivant la contestation, dès lors que l’opération est qualifiée de non autorisée.
Ce point est souvent ignoré par les victimes d’abonnements cachés liés à des cures minceur. Si Get Slimms a débité un montant supérieur à celui affiché lors de la commande, ou si un renouvellement a été prélevé sans consentement explicite, la banque ne peut pas conditionner le remboursement au dépôt d’une plainte pénale.
Le délai pour signaler une opération litigieuse est de treize mois à compter du débit (article L133-24). Au-delà, plus aucun recours sur ces mouvements n’est recevable. Nous recommandons d’agir dès la constatation du prélèvement contesté, par courrier recommandé adressé au service réclamations de la banque, en joignant les captures d’écran de la page de paiement initiale.

Que faire si la banque refuse le remboursement
En cas de refus, la saisine du médiateur bancaire est obligatoire avant toute action judiciaire. Cette médiation est gratuite et doit aboutir dans un délai de quelques semaines. Le médiateur rend un avis qui, s’il vous est favorable, contraint la banque à revoir sa position dans la grande majorité des cas.
Fausses publicités M6 et pratiques commerciales trompeuses
L’utilisation de l’image de M6, de présentateurs ou d’investisseurs de l’émission dans des publicités pour Get Slimms relève potentiellement de la pratique commerciale trompeuse au sens des articles L121-2 et suivants du Code de la consommation. Laisser croire qu’un produit a été validé dans une émission télévisée alors que ce n’est pas le cas constitue une manoeuvre frauduleuse caractérisée.
Ces fausses publicités circulent principalement sur Facebook et Instagram, sous forme de vidéos sponsorisées ou d’articles factices imitant des sites de presse. Le signalement peut être effectué auprès de la DGCCRF via la plateforme SignalConso, en fournissant l’URL de la publicité, des captures d’écran datées et le détail de la transaction.
- Capture d’écran de la publicité vue sur les réseaux sociaux, avec la date et le nom du compte diffuseur
- Confirmation de commande reçue par mail, mentionnant le montant annoncé et les conditions
- Relevé bancaire montrant les prélèvements contestés (montant, date, libellé)
- Toute correspondance avec le service client de Get Slimms (mail, chat, formulaire)
Ces pièces constituent le socle de tout dossier, que ce soit pour une contestation bancaire, un signalement administratif ou un dépôt de plainte.
Dépôt de plainte pour escroquerie : qualification pénale et procédure
L’escroquerie est un délit défini par l’article 313-1 du Code pénal. Elle suppose la démonstration d’une intention de tromper la victime pour obtenir la remise d’un bien ou d’une somme d’argent. Dans le cas de Get Slimms, l’usage de faux témoignages et l’association frauduleuse à M6 peuvent constituer les manoeuvres frauduleuses exigées par le texte.
Le dépôt de plainte se fait en commissariat, en gendarmerie, ou par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Pour les escroqueries en ligne, la plateforme THESEE permet un dépôt de plainte dématérialisé.
Limites de la voie pénale pour les petits montants
Nous observons que les montants individuels prélevés par ce type de sites restent souvent modestes (quelques dizaines d’euros par prélèvement). Cela rend le suivi judiciaire individuel aléatoire. L’intérêt du dépôt de plainte réside davantage dans l’accumulation de signalements : au-delà d’un certain volume, le parquet peut décider d’ouvrir une enquête préliminaire.

Recours transfrontalier : quand Get Slimms opère depuis l’étranger
Nombre de ces sites de vente de compléments alimentaires sont domiciliés hors de France, parfois dans un autre État membre de l’Union européenne. Dans ce cas, le Centre européen des consommateurs (CEC France) peut intervenir gratuitement pour tenter une résolution amiable avec l’entreprise.
Le CEC traite spécifiquement les litiges transfrontaliers au sein de l’UE, en Norvège et en Islande. La saisine est gratuite et se fait en ligne, en décrivant le litige et en joignant les justificatifs. Si l’entreprise est établie hors UE, ce recours n’est pas disponible, et la voie du chargeback bancaire reste alors la seule option réaliste.
Vérifier l’identité réelle du vendeur
Avant toute démarche, identifiez la société derrière Get Slimms. Les mentions légales du site (quand elles existent) indiquent la raison sociale, le pays d’immatriculation et l’adresse. Si ces informations sont absentes ou fictives, cela renforce le caractère frauduleux et constitue un élément supplémentaire pour le dossier de plainte.
Signalement des ingrédients et sécurité des produits
Les gélules minceur vendues en ligne échappent souvent au contrôle des autorités sanitaires. Si vous avez consommé le produit et constaté des effets indésirables, un signalement sur le portail de nutrivigilance est pertinent. Ce dispositif recueille les déclarations d’effets secondaires liés aux compléments alimentaires.
La DGCCRF peut également ordonner le retrait d’un produit si les ingrédients ne respectent pas la réglementation européenne sur les allégations de santé. Mentionner que des gélules « font perdre du poids » sans preuve clinique constitue une allégation de santé non autorisée au sens du règlement CE 1924/2006.
La combinaison de ces recours (bancaire, administratif, pénal, sanitaire) maximise les chances d’obtenir réparation. Chaque signalement alimente un faisceau d’indices qui peut déclencher une enquête coordonnée. Conservez l’intégralité de vos échanges et documents, y compris les publicités qui vous ont conduit à commander : ils constituent la preuve matérielle de la tromperie initiale.

